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STAGES ARSCIPRO -
© 1986-2009 - Jacques Gurfinkiel
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A- La Caméra
11
Les
Essais (suite)
Nous avons vu que pour effectuer le
tournage d'un film professionnel, il est d'usage de louer
le matériel necessaire (matériel image, lumière,
machinerie, matériel son), chez des prestataires
spécialisés.
Nous avons également noté la clause de
non-responsabilité des industries techniques du cinéma,
le bon fonctionnement du matériel étant sous la
responsabilité du locataire.
Ce dernier doit faire
preuve de compétence et de sérieux, c'est pourquoi des
rapports personnels de confiance sont essentiels entre
les loueurs et les techniciens qui vont utiliser le
matériel .
Lors d'une commande de
matériel pour un tournage, le loueur prépare et
rassemble le matériel demandé et le locataire vient sur
place pour inventorier, vérifier et faire des essais,
avant de signer le bon d'enlèvement.
LES ESSAIS CAMERA
C'est en général les 1er
et 2d assistants caméra (envoyé par le locataire,
c'est-à-dire la maison de production), qui se chargent
de cette tâche.
Des essais normaux peuvent
durer plusieurs jours, voire plus d'une semaine.
Le loueur met à la
disposition des techniciens envoyés par la production
des lieux adaptés: bancs d'essais.
PRATIQUE
DES ESSAIS POUR LE MATERIEL IMAGE
A.
INVENTAIRE
La première chose à
faire, c'est l'inventaire du matériel que le loueur a
préparé selon le bon de commande.
Signaler ce qui manque ou qui n'est pas conforme.
Eventuellement, signaler les modification de la commande.
B. ESSAIS A
VIDE (sans
pellicule)
1.
Vérifier le format
Nous avons vu qu'en
35mm il y a plusieurs fenêtres d'impression (1,33 ; 1,66 ;
1,85 ; Scope).
D'autre fenêtres sont de plus en plus utilisées
depuis le développement des traitements numériques
dans la chaine des travaux images, comme la fenêtre
Super 35 qui utilise toute la surface de l'émulsion
entre les deux rangées de perforations, incluant
donc la marge sonore; la pleine fenêtre, etc...
Donc, commencer par
vérifier à l'oeil, que la fenêtre installée sur la
caméra est bien celle demandée.
Notons que la fenêtre
choisie pour un tournage doit bien évidemment être
montée sur la caméra principale, mais si on est
amené à utiliser une ou des caméras secondaires
(pour des cascades par exemple), on utilise alors
fréquemment pour ces caméras, une fenêtre plus
grande (en hauteur) par sécurité. La continuité du
format étant assurée par la fenêtre du projecteur
(ou les caches électroniques du télécinéma).
Il faut égalemet vérifier
la visée et s'assurer de la conformité du cadrage: que
la gravure correspond bien au format de la fenêtre.
Un essai plus précis se fait avec impression de
pellicule comme indiqué dans le chapitre sur la visée.
2.
Assembler les différentes parties de la caméra
Monter et démonter la
caméra pour vérifier les différentes configurations
qui seront utilisées lors du tournage.
Contrôler le bon
assemblage de tous les éléments de la caméra:
accrochage des magasins, montage de tous les objectifs,
du follow-focus, du parre soleil, des différents
accessoires, etc...
3.
Vérifier la bonne fixation de la caméra sur une
plateforme
Chez le loueur caméra, les
plateformes usuelles sont les pieds (grandes branches et
petites branches, triangle et tête) et base (sur
laquelle se fixe une tête).
Vérifier le bon assemblage de ces éléments. Vérifier
et essayer les réglages de fluidité pour les mouvements
de la tête (horizontaus et verticaux). Vérifier les
blocages de la tête et qu'ils ne présentent pas de jeu.
Effectuer le montage de la
caméra sur la tête du pied.
Vérifier le bon serrage sans jeu des plaquettes et
semelles, et le bon fonctionnement de la plaque de
décentrement et des sécurités.
4.
Vérifier le fonctionnement du mécanisme
Une fois la caméra
montée, faire tourner le mécanisme d'entrainement à la
main.
S'assurer du bon mouvement des griffes, contre-griffes, et de l'obturateur (attention à ne jamais mettre le
doigt sur le mirroir de l'obturateur!!!).
Si l'obturateur est réglable, essayer un changement du
réglage (souvent délicat et nécessitant des clées
spéciales: vérifier qu'elles sont fournies), en
particulier les positions 180° et 172,8°.
Faire fonctionner le
mécanisme à vide (sans pellicule) en le faisant tourner
avec le moteur.
Essayer (s'il existe), le dispositif de changement de
vitesse du moteur.
Mais surtout, vérifier que le moteur tourne bien à la
vitesse choisie pour le tournage: 24 ou 25
images/seconde.
Pour vérifier l'exactitude et la précision des vitesses
d'entrainement, il faut disposer d'un stroboscope.
Une astuce permet de vérifier la vitesse de 25
images/secondes. Viser une image sur un écran de télé
(alimentation secteur à 50Hz), et faire tourner la
caméra. Une barre doit apparaître et rester fixe. Si
cette barre se déplace, c'est que l'on n'est pas à 25
images/secondes.
En faisant tourner la
caméra au moteur, c'est aussi une occasion de vérifier
son niveau de bruit. La porte du corps caméra doit être
fermée, également celle du magasin, éventuellement la
glace optique (du blimp d'optique) doit être installée.
Ce premier essai permet de vérifier qu'il n'y a pas de
bruit intempestif, mais un essai effectif se fera avec
entrainement de pellicule.
C. ESSAIS
AVEC PELLICULE VOILEE
1.
Vérification du niveau de bruit
La caméra comprend un
système d'entrainement mécanique.
Une partie du mécanisme fonctionne de façon saccadée
et génère un bruit de machine à coudre.
L'ensemble des mouvements mécaniques génère un bruit
qui pose problème pour une caméra de studio qui
normalement, doit être silencieuse pendant la prise de
vue.
A l'origine du cinéma parlant, la caméra était placée
dans un caisson insonnorisant très lourd: le Blimp.
Puis la construction des caméra de studio s'est
améliorée pour réduire le niveau du bruit sans
utiliser de Blimp additionnel: caméra de studio
auto-silencieuse ou auto-blimpée
Mais beaucoup de paramètres influent sur le niveau du
bruit: le bon réglage des parties mécaniques,
courroies, plateaux, etc... le réglage du pas en fonction de l'émulsion
utilisée (les perforations peuvent avoir des légères
différences de distance entre elles d'une marque de
pellicule à une autre, etc...), et bien sûr l'usure du
mécanisme, etc...
Des Blimps
souples
(manchons épais en cuir molletonné!!!) peuvent être
utilisés pour "habiller" la caméra dans des
cas de conditions difficiles pour le bruit de caméra.
Pour faire l'essai du
niveau de bruit de la caméra, il faut placer la caméra
dans un lieu insonnorisé. (Les loueurs en ont un à
disposition).
Il faut faire tourner la
caméra avec un magasin chargé avec une bobine de
pellicule venant du stock qui sera utilisé pour le
tournage: c'est en principe une boite de pellicule vierge
qui a été voilée.
Ecouter soigneusement le bruit, venant du mécanisme, du
magasin (des frottements dans un magasin peuvent
provoquer des bruits intempestifs, donc essayer tous le
magasins avec une bobine de pellicule).
Si le bruit parait trop important, le signaler au loueur.
Si la caméra dispose d'un réglage accessible du pas et
de la contre-griffe, ajuster ce réglage pour minimiser
le bruit à l'oreille.
Essayer les différents Blimps (souples).
2. Examiner
la pellicule après les différents passages
Contrôler l'absence de rayures (à la loupe), de
picotage (marques provoquées par un mauvais
fonctionnement des griffes, contre-griffes ou tambours
d'entrainement, ou aussi par un mauvais chargement)
D. ESSAIS
AVEC IMPRESSION DE PELLICULE
Ces essais donneront des
résultats sur pellicule.
Il est indispensable d'assurer une identification claire
de chaque bout d'essai.
Donc pendant le déroulement des opérations, noter
soigneusement sur un carnet les conditions dans
lesquelles chaque essai est effectué.
De même, filmer une fiche d'identification sur chaque
bout d'essai, avec les informations qui lui
correspondent, par exemple:
- production,
- titre du film
- caméra (marque, n°
de série)
- magasin (n° de
série)
- objectif (marque,
focale, n° de série)
- pellicule (émulsions
utilisée pour le tournage)
- conditions de prise de
vues (cadence, diaph)
- Responsable image
(directeur de la photo)
- Date
I
- ESSAI DE FIXITE
Comme nous l'avons vu,
la fixité correspond au bon
positionnement de chaque photogramme par le
mécanisme d'entrainement.
Un éventuel défaut de
fixité ne peut pas aparaître en examinant
directement la pellicule exposée, il faut la
projeter et voir sur l'écran si l'image est stable.
Or, sur un écran, si on examine de très près
l'image, on s'aperçoit qu'en général elle est peu
stable. Cela vient essentiellemnt du manque de
fixité du projecteur.
Principe de
l'essai:
Pour s'affranchir du
problème du projecteur, l'essai de fixité se
fait grâce à une surimpression: le défaut éventuel de
fixité de la caméra sera mis en évidence par les
mouvements relatifs des deux images impressionnées.
C'est le négatif développé (et bien sûr pas un tirage
qui introduirait le défaut de fixité de la tireuse!!!)
qui est projetté.
Exemple simple: avec
une caméra bien bloquée sur une plateforme, filmer deux fois
une feuille de papier cadrié (pour obtenir une
surimpression). Un défaut de fixité fera aparaître
deux cadrillages en mouvement relatif, au lieu d'un
seul!!!
Pratique de
l'essai de fixité (méthode classique):
La caméra doit être
placée sur une plateforme extrèmement stable, dans un
lieu sans vibrations (demander aux personnes
proches de ne pas marcher pendant la prise).
On utilise une mire
spécifique: la mire de fixité.
La mire est fixée sur un
mur, cadrée plein cadre, la petite croix au centre de la
mire étant en coïncidence avec la croix de la visée.
L'axe caméra doit être bien perpendiculaire à la mire
(on peut s'en assurer en plaçant un petit miroir à
plat, au centre de la mire, on doit voir l'objectif de la
caméra dedans)
Il faut éclairer la mire de façon uniforme, veiller à
ce qu'il n'y ai pas de reflets.
Il faut faire deux passages
avec la même pellicule.

Pour le deuxième passage,
on retourne la mire (le haut devient le bas), la surimpression devra donner sur le négatif l'image d'à côté.
Pour effectuer les deux
passages dans la caméra, deux cas peuvent se présenter:
- La
caméra ne possède pas de marche arrière (ex: Arri 35 BL).
Il faut donc décharger à la fin du premier
passage, utiliser une enrouleuse à main en
chambre noire pour remettre la pellicule par la
tête, puis recharger. Comme une image 35mm se
forme sur 4 perfos, on prendra soin, lors du
premier chargement, de dessiner avec un marqueur,
directement sur la partie voilée de la pellicule
chargée, une dizaine de cadrages, pour se cadrer
de la même façon lors des deux chargements.
- La
caméra possède une marche arrière (ex: Panaflex).
La deuxième exposition se fait après être
revenu en arrière avec l'objectif et la visée
obturés. (il est conseillé de dessiner
également des cadrages sur 4 perfos, au cas où
on dégrènerait en marche arrière).
Puisqu'il y a 2
impressions, il faudra sous-exposer chaque prise d'un
diaph.
Le résultat est examiné
en projection. C'est le négatif qui est projeté.
Il est conseillé de s'approcher de l'écran pour
observer la zone de recouvrement des deux parties
légèrement obliques de la croix.
(l'angle sur le dessin est très exagéré).
Si la fixité n'est pas
parfaite, les deux passages provoqueront un déplacement
relatif des croix, la zone de chevauchement donnera
l'image d'une flèche graduée dont la longueur varira
d'une façon amplifiée et qui donnera une mesure du
défaut de fixité en horizontal et en vertical en 1/1000
de la dimension de l'image.

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